Chillon, un jeu à remonter le temps

Des mercenaires sans scrupules, des gentes dames un brin empoisonneuses, un evêque qui pète les plombs, des moines livrés aux inquisiteurs, et une bonne louche de peste par-dessus tout ça. Mélanger et servir froid, comme les cachots du château de Chillon.

Samedi dernier, profitant d’une invitation reçue à la rédaction, je me suis invité comme spectateur au jeu de rôle qui réunissait une centaine de participants costumés. Temps superbe, soleil couchant sur le lac. Imaginez la chance: monter sur la galère construite à Morges (d’accord, elle est romaine, pas vraiment d’époque, mais on ne va pas chipoter), recevoir les instructions du jeu en naviguant devant l’ex-demeure des ducs de Savoie, et puis l’avoir pour soi tout seul, toute une soirée, quand le dernier touriste a repassé le pont-levis.

Un jeu de rôle est une affaire qui se prépare dans les moindres détails. Chaque participant – il y en avait une centaine, certains venus de Strasbourg – a reçu quelques jours avant une feuille avec l’objectif personnel qu’il devra remplir. Ils sont ensuite regroupés en équipes, trois en l’occurrence, qui correspondent plus ou moins à des communautés ou des acteurs de l’Histoire, la vraie.  Sur ce canevas sont brodés des mystères, des intrigues, des rebondissements. Chacun entre dans son personnage, le reste est affaire d’imagination et d’improvisation. Ah, j’oubliais: même les recettes du repas servi dans la salle du château sont moyen-âgeuses.

J’étais là en voyeur, j’ai été frappé par la concentration de certains participants, qui arrivent à faire abstraction des éléments extérieurs au jeu. Quand la nuit tombe et que s’allument les torches, la magie se déploie. De la cour parviennent les cris d’un moine supplicié. Des ombres glissent dans la nuit, des esprits malins prennent possession des faibles, des complots se font et se défont.

J’avais visité la prison de Bonivard de jour. Ce n’est pas du tout la même chose de s’y trouver la nuit, seul, en pensant au patriote genevois François Bonivard qui résista six ans, enchaîné au poteau de bois dans le sous-sol humide, tandis que ses deux frères mouraient à côté de lui. C’est l’image qui illustre ce texte, pour voir celles du jeu de rôle, cliquer sur l’icône dans la colonne de droite.

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