Quelques mots de Hokkaïdo

OLYMPUS DIGITAL CAMERA« Je suis très heureux de voir que vous voulez visiter Hokkaïdo, mais pas de la façon dont vous souhaitez le faire.

Il est inenvisageable de faire du vélo, en hiver, sur Hokkaïdo. En plus de températures largement en-dessous de zéro et de grandes quantités de neige, les conditions de circulation seront épouvantables pour des cyclistes. Les routes seront gelées et glissantes. S’il neige, et croyez-moi, il neige souvent terriblement, vous ne verrez plus à deux mètres devant vous… Les automobilistes ne vous verront pas, et vous ne les verrez pas avant qu’il ne soit trop tard. Les accidents mortels sont assez fréquents, même sans être à vélo. Les gens vont vous haïr parce que vous leur ferez courir des risques à eux aussi. En cycliste en hiver, sur Hokkaïdo, c’est aussi improbable qu’un ours qui se réveille au milieu de son hibernation. »

Après cet avertissement solennel, Sylvie Massart et Florence Archimbaud sont… parties faire le tour de Hokkaïdo, île la plus septenrionale du Japon, en plein hiver 2014-15, avec de vieux vélos rendus « glacio-compatibles » (plus ou moins) pour vingt euros dans un atelier de cyclo-bricolage. Seul luxe: des pneus Schwalbe à clous.

Elles ont survécu et filmé les fameuses grues de Hokkaïdo, en ont ramené un film, que Florence présentait ce dimanche au Salon du vélo de Morges, et un livre qui commence par l’avertissement ci-dessus. Je l’ai acheté. Comme Florence n’avait pas la m0nnaie sur mon billet, elle m’a laissé choisir en échange la petite grue en origami reproduite ci-dessus, avec cette pensée que j’aime bien. Donc, silence.